Béziers le dit, et les Biterrois en sont convaincus : leur ville est la plus ancienne de France, née de Grecs installés sur ses collines avant ceux de Marseille. Elle le revendique avec fierté, et elle a de quoi la nourrir : vingt-six siècles d’histoire, que l’on peut encore parcourir à pied.
Une conviction portée par la ville
L’État lui-même le rappelle. En janvier 2020, en attribuant à Béziers le label Ville d’art et d’histoire, le ministère de la Culture soulignait que la ville s’est structurée dès 625 avant notre ère, avec l’arrivée des Grecs : environ vingt-cinq ans avant Marseille, que l’on situe traditionnellement vers 600. Les Biterrois lui donnent le nom de Rhodè, en souvenir de Grecs venus de Rhodes.
Cette lecture s’appuie sur les fouilles de la place de la Madeleine, en 1985 et 1986, puis sur des sondages et des chantiers menés depuis dans la vieille ville et sur la colline Saint-Jacques. Les archéologues Christian Olive et Daniela Ugolini, chercheuse au CNRS, ont consacré à cette première ville, qu’ils nomment Béziers I, une œuvre de référence, des articles de la revue Documents d’archéologie méridionale jusqu’à Béziers I, 600-300 av. J.-C., la naissance de la ville (2006) et à la Carte archéologique de la Gaule consacrée à Béziers (2012). Les Biterrois y reconnaissent ce qu’ils ont toujours su de leur ville.
Ce que personne ne conteste
Dès le VIe siècle avant notre ère, Béziers est un habitat fortifié important, sur la route qui relie les vallées de l’Hérault et de l’Aude. Les échanges avec le monde méditerranéen sont précoces, et l’influence grecque se lit dans les céramiques des Ve et IVe siècles. Voilà une ville qui, très tôt, regarde la mer et commerce avec elle.
Une partie des archéologues reste plus prudente sur le mot de fondation grecque. Le débat porte moins sur une date que sur un mot, et les fouilles continuent : les Biterrois y voient, chaque année, de quoi nourrir leur conviction.
Et Agde ?
Agde, sa voisine, fait aussi remonter son histoire aux Grecs. Les travaux universitaires la dateraient d’environ 550 à 525 avant notre ère, fondée depuis Marseille. Nous l’avons racontée dans Agde, la cité de basalte. Deux cités grecques si proches, voilà qui dit la richesse de cette côte.
De Baeterrae à aujourd’hui
La ville romaine, Baeterrae, est mieux documentée. Elle est refondée comme colonie de vétérans de la VIIe légion, vers 36 avant notre ère selon les sources, sur la voie Domitienne qui reliait l’Italie à l’Espagne. Son nom complet, Colonia Julia Baeterrae Septimanorum, en garde la trace.
De cette ville, l’amphithéâtre est le seul monument encore en partie visible. Ses fondations dorment sous les immeubles du quartier des arènes romaines, dont le tracé se lit dans les rues ; il est inscrit monument historique depuis 2013. Dans l’îlot des Chaudronniers, une fouille préventive a dégagé en 2014 de puissantes maçonneries, peut-être celles d’un théâtre, protégées l’année suivante.
Les halles elles-mêmes ont parlé. Pendant leur grande rénovation, achevée en 2024, le chantier a mis au jour dans leur sous-sol une mosaïque romaine qui ornait une domus, une riche demeure de la ville antique. Sous le marché que l’on arpente le samedi matin dormait une maison de Baeterrae.
Les collines Saint-Nazaire et Saint-Jacques sont celles où la ville place ses origines : on y mesure ce que l’on a pu bâtir sur plus de vingt-cinq siècles. Le musée du Biterrois, installé dans la caserne Saint-Jacques et riche de collections archéologiques, est pour l’heure fermé au public.
Pour la suite de la ville, nous vous renvoyons à notre week-end à Béziers et à Béziers, cité de Riquet et de Jean Moulin.
L’oppidum d’Ensérune, un village gaulois à portée de route
À Nissan-lez-Ensérune, à quelques kilomètres, l’oppidum d’Ensérune est l’un des grands villages gaulois du Midi méditerranéen. Monument national géré par le Centre des monuments nationaux, un musée y réunit les objets retrouvés sur place, où se lisent des influences ibères, celtes, grecques et italiques. C’est un bon contrepoint à la discussion biterroise : le contact avec la Méditerranée s’y lit dans les objets, au cœur d’un village gaulois.
Où séjourner autour de Béziers
Pour lire la ville à son rythme, une villa tout près d’elle laisse le temps d’une visite le matin et d’un retour au calme l’après-midi. La Villa Andria se trouve à Béziers même ; la Villa Joy, à Murviel-lès-Béziers, ouvre sur la campagne biterroise. Toutes les villas autour de la ville sont réunies sur notre page location de villas à Béziers.
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